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JUILLAN , dans le canton d'Ossun ( Hautes Pyrénées,
France ), code postal: 65290
Superficie: 820 ha; Altitude: 342 mètres, Nombre d'habitants : 3716
Sobriquet: les Cailhauassès (habitants au milieu des cailloux)

Monographie faite en 1887 par l'instituteur de l'école de JUILLAN :
La commune de Juillan fait partie du département
des Hautes-Pyrénées. Elle a pour limites : à l’Est,
la commune d’Odos, au Sud, celle de Louey, à l’Ouest, celle
d’Azereix et au Nord, la ville de Tarbes. Le territoire communal mesure
environ 3000 mètres du nord au sud et 2600 mètres de l’Est
à l’Ouest et forme une figure très irrégulière
dans laquelle une ligne menée du sud-ouest au nord-est aurait environ
4800 mètres.
Juillan se trouve à 4 kilomètres d’Ossun, son chef-lieu
de canton et à 6 kilomètres de Tarbes, le chef-lieu d’arrondissement
et de département.
Le sol communal est à peu près uni, sauf aux deux limites orientale
et occidentale. Ici se trouve un léger relief du sol, atteignant au sud-ouest,
à l’endroit appelé le TURON, une certaine hauteur.
A l’est, vient prendre fin un des nombreux contreforts des Pyrénées
dont les pentes de plus en plus douces viennent se fondre avec la plaine. Ces
deux reliefs du sol tracent à l’Echez, ruisseau assez important,
tributaire de l’Adour, la direction qu’il doit suivre. Resserré
jusqu’à Juillan dans une gorge étroite, il profite de la
liberté qui lui est momentanément acquise s’épand
des deux côtés, arrosant de belles et grasses prairies. Les pluies
abondantes et la fonte des neiges occasionnent des débordements assez
fréquents.Alors il promène ses eaux bourbeuses à travers
la campagne entraînant en quantité des débris végétaux.
Il a comme affluent un autre petit ruisseau, la Geüne, né dans les
marais de Louey et grossi en route du tribut de quelques fontaines abondantes.
Son cours n’est pas supérieur à 3000 mètres, et le
lit est à sec pendant les 4 ou 5 mois de grandes chaleurs.
L’eau est abondante à Juillan. Aux nombreuses fontaines disséminées
sur le territoire communal, il faut joindre les puits faciles à creuser
et ne tarissant guère. Les unes et les autres fournissent une eau qui
dissout le savon et cuit bien les légumes, ce qui indique qu’elle
ne tient pas en dissolution. Ces sels calcaires ou du moins que ces sels s’y
trouvent en fort petite proportion.
On ne trouve pas à Juillan de curiosités
naturelles. La nature, à cet égard, s’est montrée
parcimonieuse. C’est tout au plus si l’on peut parler d’un
assez joli point de vue qu’offre le Turon.Placé à 337 mètres
environ au-dessus du niveau de la mer, Juillan reçoit presque régulièrement
le vent de l’Ouest. Le vent du sud-ouest amène la pluie.
Le recensement de 1886 a accusé une population de 1644 habitants, soit,
relativement à celui de 1881, une différence en moins de 30 habitants.
La population tend donc à diminuer. En consultant les registres de l’état-civil,
on constate que chaque année, le chiffre des naissances est moindre.
La commune est partagée en six quartiers et comprend 389 ménages.
Elle est administrée par un conseil municipal composé de seize
membres.
Un curé et un vicaire satisfont aux besoins du culte.Elle dépend
de la perception d’Ossun et est desservie par le bureau de poste de Tarbes.
Les ressources communales ne sont pas très élevées. On
équilibre le budget tant bien que mal et encore n’y parviendrait-on
pas sans une indemnité de 1200 francs servie par le ministère
de la Guerre comme montant de la location d’un champ de tir pour les exercices
à feu. Le sol est siliceux ou argilo-siliceux. La couche arable n’est
pas très profonde, mais elle est fertile et produit en assez grande abondance
du blé, du maïs, des pommes de terre, beaucoup de fourrage . L’agriculture
est en honneur. On travaille et on fume bien. Mais les procédés
sont absolument ceux des ancêtres : la routine règne en maîtresse
. L’apparition de l’oïdium ver le milieu de ce siècle
a fait prononcer la condamnation des vignes hautes qui ont été
presque entièrement détruites. C’est à peine s’il
en reste quelques-unes par-ci, par-là. On s’est mis depuis plusieurs
années à planter des vignes basses. Malheureusement, tout semble
conjuré pour anéantir ce précieux végétal.
Si le phylloxéra n’a pas encore fait son apparition sur le territoire
de Juillan, un ennemi, moins dangereux, il est vrai, mais terrible pourtant,
le mildiew, est venu compromettre la récolte deux années de suite
et porter atteinte à la vigueur du cep. Les vignes fournissent un petit
vin agréable, mais peu alcoolique. L’élevage du bétail
est une des principales ressources de Juillan. Les étables renferment
de belles vaches de la race de Lourdes dont le lait est porté tous les
matins à la ville ou sert à nourrir les veaux ; les bergeries
sont peuplées d’animaux qu’on appelle vulgairement dans le
pays : moutons de montagne.Enfin les écuries renferment de belles poulinières
soit pour le mulet, soit pour le cheval. Les chasseurs sont assez nombreux dans
la localité et certains d’entre eux ont acquis une réputation
méritée d’adresse et de vigueur. Ils tuent en quantité
des cailles, des râles, des lièvres, etc… Cachés dans
des cabanes qu’ils construisent à la cime de certains arbres, ils
chassent la palombe à l’aide d’appeaux, et en font de véritables
hécatombes.Les eaux de l’Echez font tourner à Juillan les
roues de quatre moulins et de deux scieries. Ces établissements donnent
simplement satisfaction aux besoins locaux. Si les établissements industriels
y sont rares, les rues sont nombreuses et sillonnent la commune en tous sens.
La route nationale de Paris à Barèges la traverse à l’Est,
tandis qu’une route départementale s’en détachant
va dans la direction de l’Ouest et qu’une autre route d’intérêt
commun passe à l’ouest du village parallèlement à
la route nationale.La ligne de Toulouse à Bayonne dessert Juillan qui
possède une gare . Ces diverses voies conduisent soit au chef-lieu de
canton, soit, en sens contraire, au chef-lieu de département.
Juillan ne paraît pas avoir joué
un grand rôle ni dans le moyen-âge ni dans les temps modernes. Les
secousses qui avaient agité ses voisines, Tarbes et Ibos, semblent lui
avoir été épargnées. Du reste, d’une enquête
faite en 1300 par ordre de Philippe le Bel pour faire valoir ses droits sur
le Comté de Bigorre, il résulte que Juillan était une petite
localité ne comprenant que 26 hommes feu allumant. La richesse de son
sol, sa situation heureuse aux portes de Tarbes, la facilité des voies
de communication expliquent l’importance que le village a acquise depuis.
La fécondité de son sol ne s’est pas étendue aux
hommes. On aura tout dit, si l’on cite Colomès de Juillan, excellent
ingénieur à qui l’on doit la première idée
de la dérivation du gave de Pau pour arroser la partie occidentale du
bassin de l’Adour, très déshéritée sous le
rapport hydrographique. Le langage des Juillanais est à peu près
le même que celui qu’on parle dans les environs de Tarbes. Il y
a pourtant une nuance provenant surtout de la façon de prononcer.
Ainsi, dans beaucoup de mots, l’A sonne presque comme l’O (ès
cas, les chiens, qu’on prononce presque és cos) Les habitants de
Juillan sont presque tous adonnés à l’agriculture ou à
la garde des troupeaux. Ils sont simples, d’un abord facile, et ouvert.
En général, la laine de leurs moutons fournit leur habillement
quotidien. Leur nourriture consiste surtout en pain fabriqué avec la
farine de méteil et en pâte faite avec la farine de maïs.
Le mistra même n’a pas totalement disparu. Ils ne font usage, à
de rares occasions à près, que de viande de porc ou d’oie
salée et confite.
Tous sans exception sont catholiques et en général catholiques
fervents. Pour eux, la voix du prêtre est bien la voix de Dieu. Juillan
ne présente pas de monuments antiques. L’église et la mairie
ne datent que de quelques années. Au moment où l’administration
de l’Instruction publique songea à envoyer un instituteur public
à Juillan, quatre instituteurs se partageaient la population scolaire.
Ces maîtres ne tardèrent pas à disparaître en présence
des résultats magnifiques obtenus par l’envoyé de l’administration.
La classe acquit donc de l’importance. Aussi de bonne heure envoya t-on
un adjoint et quelques années après un second. La maison d’école
fait face à la place publique , la façade principale regardant
l’Orient. La salle de classe forme un carré de 9m,10. Elle renferme
environ310 mètres cubes d’air, c’est-à-dire ce qu’il
faudrait pour 80 élèves à peu près. Or le nombre
des inscriptions annuelles a atteint et même dépassé deux
cents. En moyenne le nombre des élèves qui fréquentent
est de 150. Les locaux scolaires sont donc insuffisants. Il y aurait urgence
à procéder à des améliorations. Mais le mauvais
état des finances communales sera fort longtemps encore un obstacle à
ces améliorations. La fréquentation sans être irréprochable,
est pourtant assez bonne. Aussi le nombre des illettrés est-il très
petit. Tous les conscrits de la dernière année ont signé
leurs noms de même que les conjoints. La commune possède une bibliothèque
scolaire qui a été créée en 1865. Elle ne renferme
pas un grand nombre de volumes et les habitants n’ont guère l’habitude
de les demander. Ces ouvrages sont lus par les élèves du cours
supérieur.
Il n’existe pas à Juillan de caisse des écoles. Mais la
caisse d’épargne est en activité. Le nombre des déposants
est de 49. Le Directeur de l’école reçoit un traitement
de 12000 frs, les deux instituteurs stagiaires, chacun 700 frs, somme à
laquelle vient s’ajouter 80 frs d’indemnité de logement.